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Les prières surérogatoires occupent une place précieuse dans la vie du musulman. Elles ne remplacent jamais les prières obligatoires, mais elles les accompagnent, les embellissent et aident le croyant à se rapprocher d’Allah avec plus de régularité. De plus, les nawafil permettent d’installer une routine spirituelle simple, même lorsque l’on débute.
Qu’est-ce qu’une prière surérogatoire
Une prière surérogatoire est une prière non obligatoire accomplie en plus des cinq prières quotidiennes. Elle fait partie des adorations recommandées, à condition qu’elle soit faite avec sincérité, calme et respect des règles de la salat. Autrement dit, les prières surérogatoires ne sont pas imposées comme Fajr, Dhuhr, Asr, Maghrib et Isha, mais elles restent fortement encouragées dans plusieurs situations.
Le mot nawafil désigne justement ces adorations supplémentaires. En français, on peut donc parler de prières non obligatoires, de salat surérogatoire, de prières sunnah ou encore de prières recommandées. Cependant, toutes ces expressions ne signifient pas toujours exactement la même chose selon le contexte. Par exemple, les sunnah rawatib sont des prières liées aux prières obligatoires, tandis que d’autres prières surérogatoires sont liées à une cause précise, comme les ablutions ou l’istikhara.
Caractéristiques et différence avec les prières obligatoires
La différence entre prière obligatoire et surérogatoire se comprend surtout à travers le niveau d’obligation. Les cinq prières quotidiennes sont un pilier majeur de l’islam. À l’inverse, les prières surérogatoires sont accomplies par amour d’Allah, par recherche de récompense et par volonté d’améliorer sa pratique. Cela dit, elles ne doivent pas être négligées lorsque la personne peut les faire, car elles éduquent le cœur à la constance.
En pratique, une prière nawafil se prie comme une salat habituelle : intention dans le cœur, takbir d’entrée, récitation, inclinaison, prosternation, tashahhud, puis salut final. De ce fait, celui qui sait déjà prier une prière obligatoire possède déjà la base nécessaire pour accomplir une salat surérogatoire. Néanmoins, il faut respecter les moments permis et éviter les horaires où la prière volontaire est déconseillée.
Pourquoi faire des prières surérogatoires

Les prières surérogatoires aident le croyant à ne pas limiter sa relation avec Allah au strict minimum. En effet, elles permettent de transformer la journée en une suite de rappels spirituels. Même quelques rak‘at bien placées peuvent changer l’ambiance intérieure d’une personne, surtout lorsqu’elles sont accomplies avec présence du cœur.
D’ailleurs, les nawafil ne demandent pas forcément beaucoup de temps. Deux rak‘at avant Fajr, deux après Maghrib ou deux après Isha peuvent devenir une habitude simple. Avec le temps, cette habitude rend la prière plus naturelle, plus douce et plus stable. Ainsi, les prières non obligatoires deviennent une aide concrète pour protéger les prières obligatoires.
Mérites : rapprocher d’Allah et combler les manques des obligations
Les mérites des prières surérogatoires sont nombreux. Elles rapprochent d’Allah, augmentent les bonnes actions et montrent que le croyant cherche davantage que le minimum. En outre, elles peuvent combler les manques présents dans les prières obligatoires, comme une concentration faible, une récitation trop rapide ou une présence du cœur incomplète.
Cela ne veut pas dire qu’il faut compter sur les prières sunnah pour négliger les obligations. Au contraire, les prières surérogatoires doivent pousser à mieux accomplir les prières obligatoires. Autrement dit, elles sont un soutien, non une excuse. Par conséquent, la priorité reste toujours la prière obligatoire à l’heure, puis viennent les nawafil selon la capacité de chacun.
Quelles sont les principales prières surérogatoires
Les principales prières surérogatoires se divisent en plusieurs catégories. Il y a les prières régulières liées aux cinq prières quotidiennes, les prières accomplies pour une raison particulière et les prières volontaires que l’on peut faire à certains moments bénéfiques, comme la nuit. Pour un débutant, il est préférable de commencer par les plus simples et les plus régulières.
En règle générale, les sunnah rawatib sont les plus faciles à intégrer, car elles sont attachées aux prières déjà présentes dans la journée. Puis, lorsque cette base devient stable, on peut ajouter d’autres nawafil, comme la prière après les ablutions, la prière de consultation ou quelques rak‘at pendant la nuit.
Les sunnan rawatib : prières liées aux cinq prières
Les sunnah rawatib sont des prières surérogatoires liées aux prières obligatoires. Elles se font avant ou après certaines prières, selon ce qui est rapporté dans la tradition prophétique. Ces prières sont particulièrement importantes, parce qu’elles entourent les obligations et aident le croyant à entrer dans la salat avec plus de calme.
Par exemple, les deux rak‘at avant Fajr sont parmi les prières sunnah les plus connues. Elles sont courtes, mais très précieuses. De même, les rak‘at avant et après Dhuhr, après Maghrib et après Isha font partie d’une routine de prières surérogatoires que beaucoup de musulmans cherchent à préserver.
Autres prières surérogatoires : occasions et prières “à cause”
Il existe également des prières surérogatoires liées à une cause. Par exemple, la prière après les ablutions, appelée salat al-wudu, peut être accomplie après avoir fait correctement le wudu. Il y a aussi salat al-istikhara, que l’on accomplit lorsqu’on demande à Allah de guider un choix permis. En outre, la prière de la nuit, qiyam ou tahajjud, fait partie des nawafil les plus profondes pour renforcer la relation avec Allah.
Cependant, il est préférable d’apprendre progressivement. Si une personne débute, elle n’a pas besoin d’ajouter toutes les prières non obligatoires en même temps. Au contraire, une petite routine stable vaut mieux qu’un programme trop lourd abandonné après quelques jours.
Les sunnan rawatib : tableau simple des rak‘at

Voici un tableau simple pour comprendre les sunnah rawatib les plus connues. Il aide à visualiser les rak‘at avant et après les prières obligatoires.
| Prière obligatoire | Avant | Après |
|---|---|---|
| Fajr | 2 rak‘at | 0 |
| Dhuhr | 2 à 4 rak‘at | 2 rak‘at |
| Asr | 0 | 0 |
| Maghrib | 0 | 2 rak‘at |
| Isha | 0 | 2 rak‘at |
Ce tableau donne une base pratique. Toutefois, selon les écoles et les enseignements suivis, certains détails peuvent être présentés avec de légères différences. Pour cette raison, il est toujours utile de demander à un enseignant fiable si l’on veut suivre un avis précis.
Deux rak‘at avant Fajr
Les deux rak‘at avant Fajr font partie des prières surérogatoires les plus importantes. Elles se prient après l’entrée de l’heure de Fajr et avant la prière obligatoire. Elles sont généralement courtes, mais elles doivent rester posées et sincères. En effet, l’objectif n’est pas d’aller vite, mais de commencer la journée avec adoration.
Pour beaucoup de débutants, cette prière surérogatoire est le meilleur point de départ. Elle est simple, régulière et liée à un moment spirituellement fort. De plus, elle aide à préparer le cœur avant la prière obligatoire de Fajr.
Deux à quatre rak‘at avant Dhuhr
Avant Dhuhr, il est recommandé de prier deux ou quatre rak‘at selon ce que l’on suit comme pratique. Ces prières sunnah permettent de faire une pause au milieu de la journée. À ce moment-là, l’esprit peut être occupé par le travail, les études ou les responsabilités. Ainsi, ces rak‘at ramènent le cœur vers Allah avant la prière obligatoire.
Si l’on manque de temps, il vaut mieux commencer par deux rak‘at avec constance. Puis, lorsque l’habitude devient facile, on peut ajouter davantage selon sa capacité. L’essentiel reste la régularité.
Deux rak‘at après Dhuhr
Les deux rak‘at après Dhuhr complètent la prière obligatoire et prolongent ce moment d’adoration. Elles sont utiles, car beaucoup de personnes terminent la prière puis repartent immédiatement dans leurs occupations. Cependant, rester quelques minutes de plus pour accomplir une salat surérogatoire aide à préserver la présence du cœur.
Avec le temps, cette habitude donne à Dhuhr une place plus forte dans la journée. De ce fait, la prière ne devient pas seulement une obligation accomplie rapidement, mais un rendez-vous spirituel plus complet.
Deux rak‘at après Maghrib
Après Maghrib, deux rak‘at de prières surérogatoires sont recommandées. Ce moment est souvent court, car la soirée commence, la famille se rassemble ou les tâches continuent. Pourtant, ces deux rak‘at sont faciles à intégrer. Il suffit de rester sur son tapis après la prière obligatoire et de les accomplir sans attendre.
Cette simplicité est importante. En effet, plus une routine est facile, plus elle devient durable. Les nawafil après Maghrib peuvent donc devenir une habitude solide, même pour une personne très occupée.
Deux rak‘at après Isha
Les deux rak‘at après Isha font partie des sunnah rawatib que l’on peut intégrer avant de terminer sa journée. Elles permettent de clôturer la soirée avec une adoration supplémentaire. En outre, elles préparent parfois le cœur à faire Witr, qui occupe une place importante dans la prière de nuit.
Si la personne est fatiguée, elle peut garder ces deux rak‘at courtes et simples. Cependant, il faut éviter de les accomplir mécaniquement. Même une petite prière nawafil doit rester un acte conscient, fait pour Allah.
Prières surérogatoires liées à une cause
Certaines prières surérogatoires ne sont pas liées directement aux cinq prières quotidiennes, mais à une situation précise. On les appelle parfois des prières “à cause”, parce qu’un événement ou une intention particulière les motive. C’est le cas de la prière après les ablutions, de salat al-istikhara ou encore de certaines prières accomplies lorsqu’on cherche l’aide d’Allah.
Ces prières non obligatoires montrent que la salat peut accompagner différents moments de la vie. On ne prie pas seulement parce qu’une obligation arrive. On peut aussi prier pour remercier Allah, demander Sa guidance ou revenir vers Lui avec humilité.
Prière après les ablutions (wudu)
La prière après les ablutions, ou salat al-wudu, consiste à faire deux rak‘at après avoir accompli le wudu correctement. Elle fait partie des nawafil simples et accessibles. Lorsque la personne fait ses ablutions en dehors des moments interdits, elle peut prier deux rak‘at avec l’intention de se rapprocher d’Allah.
Cette pratique aide à donner plus de valeur au wudu. Au lieu de considérer les ablutions comme une simple préparation technique, le croyant les relie à une adoration supplémentaire. Ainsi, une action quotidienne devient une occasion de récompense.
Comment accomplir une prière surérogatoire correctement

Pour accomplir une prière surérogatoire correctement, il faut d’abord avoir l’intention dans le cœur. Il n’est pas nécessaire de la prononcer à voix haute. Ensuite, on prie comme une salat habituelle, généralement par deux rak‘at. On commence par le takbir, on récite Al-Fatiha puis ce que l’on connaît du Coran, on fait l’inclinaison, les prosternations, puis le tashahhud et le salam.
En principe, les prières surérogatoires sont plus souples que les prières obligatoires. Par exemple, certaines peuvent être accomplies avec une récitation courte. Néanmoins, cette souplesse ne doit pas enlever le respect, la concentration et la tranquillité. Il vaut mieux faire deux rak‘at calmes que plusieurs rak‘at sans présence.
Intention, moment, récitation et constance
L’intention d’une prière nawafil doit être simple. On sait dans son cœur si l’on prie deux rak‘at après les ablutions, deux rak‘at avant Fajr ou une prière de nuit. Ensuite, il faut vérifier le moment. Certaines prières surérogatoires sont attachées à un horaire précis, tandis que d’autres peuvent être faites plus librement, à condition d’éviter les moments interdits.
Pour la récitation, il suffit de réciter ce que l’on connaît correctement. Si l’on débute, on peut commencer avec des sourates courtes. Puis, à mesure que l’apprentissage avance, on peut varier la récitation. Enfin, la constance reste essentielle. Une routine de prières surérogatoires légère mais régulière est souvent meilleure qu’un grand effort irrégulier.
Voici une méthode simple :
Peut-on prier les surérogatoires en voyage
En voyage, les règles pratiques changent parfois. Les prières obligatoires peuvent être raccourcies dans certaines conditions, selon les règles connues du voyageur. Quant aux prières surérogatoires, il est souvent recommandé de garder les plus importantes et de ne pas se surcharger. De ce fait, beaucoup de personnes donnent priorité aux deux rak‘at avant Fajr et à Witr.
Cela dit, la question dépend aussi de la facilité, de la fatigue et du contexte. Si le voyage est confortable, la personne peut accomplir certaines nawafil sans difficulté. En revanche, si le voyage est éprouvant, il vaut mieux préserver les obligations, la concentration et les prières les plus prioritaires.
Adaptations possibles et priorités
La priorité en voyage reste la prière obligatoire. Ensuite, on peut garder les prières sunnah les plus importantes selon sa capacité. Par exemple, les deux rak‘at avant Fajr sont souvent préservées, car elles ont un mérite particulier. De même, Witr est généralement gardée par beaucoup de musulmans, même en déplacement.
En outre, il ne faut pas transformer les prières surérogatoires en source de stress. Elles sont un moyen de se rapprocher d’Allah, non une charge impossible. Si l’on voyage avec fatigue, retard ou difficulté, on fait ce que l’on peut, puis on reprend sa routine normale une fois rentré.
Quels sont les moments interdits de prière

Il existe des moments où l’on évite les prières surérogatoires sans cause particulière. Ces moments sont généralement liés au lever du soleil, au moment où le soleil est au zénith juste avant Dhuhr et au coucher du soleil. L’objectif est de respecter les repères transmis et de ne pas prier volontairement à des horaires déconseillés.
Cependant, les détails peuvent varier selon les écoles, notamment pour les prières liées à une cause. Par conséquent, lorsqu’une personne débute, elle peut retenir une règle simple : éviter les prières non obligatoires juste après Fajr jusqu’au lever du soleil, juste avant Dhuhr lorsque le soleil est au zénith, et après Asr jusqu’au coucher du soleil, sauf cas particulier appris auprès d’un enseignant.
Repères pour éviter les horaires déconseillés
Pour éviter les erreurs, il suffit d’utiliser les horaires de prière fiables de sa ville et de garder quelques repères pratiques. Après Fajr, on attend que le soleil se lève puis monte un peu. Avant Dhuhr, on évite le court moment du zénith. Après Asr, on évite les prières surérogatoires générales jusqu’à Maghrib.
En cas de doute, il vaut mieux reporter une prière surérogatoire volontaire à un moment plus sûr. Ainsi, la personne protège sa pratique tout en restant sereine. À l’inverse, si la prière est liée à une cause précise, comme salat al-wudu, il est préférable de demander un avis fiable selon l’école suivie.
Conclusion : routine simple pour intégrer les nawafil au quotidien
Les prières surérogatoires sont une porte douce vers plus de proximité avec Allah. Elles ne remplacent pas les prières obligatoires, mais elles les renforcent, les entourent et aident à combler les manques. En commençant petit, il devient possible d’intégrer les nawafil sans pression et sans se décourager.
L’essentiel est de choisir une routine réaliste. Deux rak‘at bien préservées valent mieux qu’un programme trop ambitieux abandonné rapidement. De plus, les prières sunnah deviennent plus faciles lorsqu’elles sont attachées à une prière obligatoire déjà installée.
Plan progressif sur 2 semaines pour devenir régulier
Voici un plan simple pour commencer les prières surérogatoires sans se surcharger.
| Période | Objectif | Routine |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Installer une base | 2 rak‘at avant Fajr |
| Jours 4 à 7 | Ajouter une prière facile | 2 rak‘at après Maghrib |
| Jours 8 à 10 | Renforcer la soirée | 2 rak‘at après Isha |
| Jours 11 à 14 | Stabiliser | Garder les trois habitudes |
À la fin des deux semaines, on peut ajouter les rak‘at liées à Dhuhr si la routine est stable. Toutefois, il ne faut pas aller trop vite. Le but des prières surérogatoires est de construire une adoration durable, sincère et régulière.


